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21 décembre 2018

21. A la patiente vie



Au sein de l’âtre tamisé
Je trébuche dans ses yeux noirs
Immensité
J’y vole d’étoiles balançoires
En rires chatoyants
Obscurité
Scintillement
D’amour imprégné

Les modernes anges
Mains tenant
Encerclement
De leurs dieux font
Péremptoires louanges
Dérisoire encensement

La sentence tombe
Éternité

Les veilleurs
Goûtent
La saveur
Bombe

Chancèlement
Dix-huit braises printanières
Aux iris crépitants

Je me fonds dans ce regard chocolaté
Tandis que d’autres yeux sur moi espèrent
Je m’élance dans les bras de ses galaxies lactées

Avec elle j’esquisse
Un lindy hop ouaté
Je glisse
Par tant de lumière partout accrochée
Ensemble
Tous les trous noirs embraser

Sa crèche poutres éventrées
Toit décapé
Noël tremblant éboulis
Donne prise à toutes les intempéries
A la fenêtre Gabriel déjà sourit
De ses yeux d’or le tout est rempli

La mienne aux allures
D’un manoir
Aux alambiquées tubulures
Enguirlandé de parures
Nourrit l’agogique espoir
D’Ailleurs de lumière la revoir

Depuis une question sur mon cœur trampoline
Où attendent les vivants quand la Vie les dessine ?



14 décembre 2016

J’ai besoin d’une crèche

La nuit
Noire
Je regarde autour
Je vois sans voir


Des silhouettes rôdantes
Sapins sympas ?
Une forêt présente
Je sens leurs pas


Je regarde la nuit
Je me vois embué
Ils s’approchent ils sont là
leurs branches ploient
Je me suis préparé
Des bottes, un collant, une bonne veste, des moufles, une écharpe, un bonnet sur moi


J’avance
Sans bouger
Je m’enfonce
Sans broncher


J’ai quitté l’es tables assassines
Tournédos aux tor-tueux festins
Fui leurs visages Picassoins
Tordus de vitrines mesquines
Des lumières artificielles j’ai refusé la joie
Le ventre vierge sans oie
Avec pour seul berceau la foi


Je suis là
Au milieu d’eux
Je crée des espaces
Je joue avec la nuit


Puis
Un bruit
J’écoute
Je doute


J’ai connu cette lumière autrefois
Elle me voyait heureux
Je n’en vois pas la trace
Pourtant elle est là
Sans elle je ne verrais vraiment pas


J’ai froid
Alors pour m’échapper à moi
Je me prends à rêver du passé du futur
D’un avenir un peu plus sûr
Mais le silence fracas
Me ramène juste là


Je regarde encore car je veux
Comprendre
Trouver le bœuf
L’âne au souffle tendre
Et grâce à eux
Fondre, glisser, me rendre


Je ne vois pas complètement
Je vois et c’est rêche
Elle est où cette fichue crèche ?


Celle où tu sais
on est/naît
Vraiment

04 décembre 2016

Lumière

Si le ciel s’était penché trop bas ?
Entaché du terrestre fatras ?

Non. Le ciel a fait l’amour à la terre.
Seigneur, mon Dieu, c’est en Toi que j’espère.

Si l’humain ne devenait meilleur ?
Encoublé dans sa crasse et ses peurs ?

Non. L’humain est amoureux de la Vie.
Seigneur, mon Dieu, c’est pour ça que je prie.

Si le vent soufflait beaucoup trop fort ?
Epineuse traversée conduisant à la mort ?

Non. L’esprit à l’amour toujours se plaît,
Seigneur, mon Dieu, avec Toi je me sais.


Seigneur, mon Dieu, à l’heure de toutes les lumières
Ne laisse pas tomber l’âme à ce qui désespère
Par Ton Noël sempiternelle volupté
Illumine et relève tout de Ta clarté !

Amen