l'assoiffé de tendresse
Dans la lueur de l'étoile
la paix s'expose et s'installe
Elle est flamme
au coeur du foyer
elle nourrit
réchauffe
Elle est chant d'une bougie
quand ravage l'incendie
Elle est l'infime
quand tout semble fini
une miette d'éternité
pour habiller le silence
Certaines divisent
d'autres rassemblent
Certaines élèvent l'innocence
d'autres la massacrent
Certaines sont douces
tendres
appellent au repos
d'autres agressent
réduisent à néant
socle et présent
Certaines ne savent qu'offrir
déposent perles et or
sans attendre de réponse
d'autres creusent
minent
pillent l'existence
de son trésor
Toutes interrogent
Toutes sont questions
curieuses
insolentes
ou cruelles
Seules quelques unes
éveillent au monde
une lumière encore jamais
entendue
D'un pas à l'autre
le déséquilibre heureux
des premiers pas
Promenade incertaine
d'une volonté sans doute
Le vaisseau avance
chancelle sur les dunes
se repose sur le ferme
De chute en chute
de vertige en vertige
de confiance en confiance
il s'installe
s'accroche à l'étoile
et le firmament se dévoile
Le regard s'élève
arraché à la poussière
et quelque chose de l'humanité
se redresse
Tout doucement
tout lentement
une étincelle s'échappe
loin du tumulte des temps
loin des rengaines
des idées ou des joies
Elle s'échappe
encore humide
de la sagesse d'antan
Elle virevolte
tournoie
hésite
chute et remonte
balance hésitante
entre le haut et le bas
le loin et l'émoi
Elle cherche
un simple bout d'âme
un écrin de paix
en veille
même pas une flamme
juste un brin
une mèche
de quoi mettre le feu aux foudres
pour transpercer
la course du monde
d'un éclair de lumière
D'abord
le vacarme
l'assourdissant concert
des voix sans paroles
des âmes sans étoiles
Ensuite
la clameur légère
lointaine
obsédante
juste assez d'éclat
pour couvrir les rumeurs
juste assez d'espoir
pour taire lâcheté et peur
Enfin
le frémissement proche
la lueur dans la nuit
la rébellion joyeuse
des coeurs endormis
Grande est la paix de ceux qui aiment ta Loi :
pour eux, plus d’obstacle !
Psaume 119,165
Hors de la nuit
des ténèbres
de l'ennui
Un cri
Aussi fragile que l'océan
Aussi profond que l'instant
Un cri
de larmes et d'alarmes
du passé
du proche
et du lointain
Un cri
Une brèche
dans le silence
dans la nuit
l'innocence
Un cri
Sauvage
parmi les codes
Docile
au creux
de l'effort
Un cri
Nu
et pourtant
Recouvert
d'un espoir
Englobant la Loi
la Parole
et la foi
Un cri
Et soudain
la Vie
Psaume 119,123
L'inconnu si intime
me rappelle à l'instant
et l'infini dérive
entre rêve et présent
*
Naufragé de désir
mon radeau flotte
vers l'adieu
Je nage et m'épuise
dans l'immense confiance
d'être un jour à genoux
au-dessus du berceau
à noyer de mes larmes
le Dieu décevant
venu rendre les armes
*
Viens en ce monde
Viens sans crainte ni venin
éradique mon attente
fais de moi un humain